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Entretien avec Samuel Sidibé

« Nous sommes dans une dynamique positive »

Quelles sont vos impressions après le démarrage de la biennale africaine de la photographie ?

Ma satisfaction est conditionnée par celle des participants. Les échos que j’ai aujourd’hui sont positifs. Nous avons confectionné 700 badges. Cela veut dire que nous avons 700 invités venus des différents coins du monde, notamment d’Europe, des USA et d’Asie. Je suis surpris du nombre élevé des participants qui sont venus de partout à travers le monde. Notamment d’Inde en Asie et ceux venus des USA. Je suis aussi surpris de voir le nombre de conservateurs de musée. Nous sommes dans une dynamique positive. Je souhaite que cette dynamique soit contagieuse auprès du public malien. C’est un enjeu qui est important. Il faut mettre tout cela en perspective. Nous sommes dans un domaine artistique et la question de l’accès de l’art au grand public est toujours un problème. Cela passe d’abord par une éducation artistique. Il faut que la presse éduque et sensibilise. À cet effet, il faut continuer à travailler à la sensibilisation du public, faire en sorte que l’image circule. Sur ces aspects, la presse, notamment la télé, et l’école doivent jouer un grand rôle.

Pouvez-vous nous parler de l’exposition patrimoniale ?

L’exposition patrimoniale est une exposition que nous avons réalisée dans le cadre d’un projet mis en œuvre par le Musée national du Mali. Le principe est que jusqu’à présent, il n’y avait pas de vraie politique mise en place sur la préservation des archives photographiques. Nous avons des grands photographes comme Malick Sidibé, Seydou Kéïta et beaucoup d’autres. Je pense que toutes les grandes villes avaient des grands photographes. Aujourd’hui, on sait que beaucoup d’archives ont disparu, mais il en reste encore. C’est pourquoi le Musée a mis en place un projet de numérisation des archives. Nous avons commencé par Soungalo Mallé, Sakaly, Malick Sidibé. L’idée était de mettre en place des outils de numérisation, de créer une unité qui permettrait au Musée en relation avec les familles de continuer à numériser ces photos. Le principe est de faire en sorte qu’il y ait des archives numérisées permettant leur utilisation et en même temps de conditionner de façon plus correcte les vraies pellicules pour qu’on puisse les garder de façon corrective et définitive.
Nous avons organisé une exposition pour montrer le processus de ce travail en montrant aussi comment et dans quel état on trouve les négatifs, qu’est ce qu’on a fait pour les nettoyer, qu’est ce qu’on a fait pour numériser les négatifs, qu’est qu’on a fait pour traiter les négatifs numérisés. A partir de cela, nous avons voulu montrer aux gens tout le processus. A savoir un négatif en mauvais état, une numérisation, un traitement de la photographie et puis une exposition qui montre les photos de qualité. Le principe est une démonstration qui montre comment il est important de conserver ces archives familiales. Parce que si l’on ne conserve pas ces archives familiales, elles vont disparaitre. Hélas, des familles laissent partir ces archives en Europe dans n’importe quelles conditions. En deuxième lieu, elles sont conservées dans la poussière, dans la chaleur et autres conditions horribles. Le risque est de voir toute cette fierté disparaitre à brève échéance. C’est pourquoi nous avons consacré une exposition à ces photos

Cette exposition concerne combien de photos ?

L’exposition concerne une cinquantaine de photos de Soungalo Mallé, de Malick Sidibé, de Sakaly ….


Pouvez-vous nous parler de l’exposition panafricaine ?

L’exposition panafricaine est une exposition issue de l’appel à candidature. Vous savez lorsqu’on a défini le thème de la rencontre on a lancé un appel à candidature à tous les photographes du continent. Nous avons reçu 357 dossiers sur lesquels nous avons retenu 45 photographes et 8 vidéastes. C’est une exposition dont le thème porte sur la biennale pour un monde durable. Cette expression montre la vision que les artistes ont du thème. Vous trouverez dans cette exposition des photographies sur les questions de l’environnement, sur les questions du pétrole. Les dégâts que fait l’exploitation du pétrole au Nigeria. Vous trouverez des expositions qui montrent la âpreté de la vie. Vous trouverez des expositions sur la bataille des pauvres qui vont exploiter les décharges. Dans cette exposition, vous trouverez la façon dont les artistes regardent notre monde aujourd’hui. Ces images s’expriment parfois en espoir ou désespoir. Je pense que c’est une exposition qui interpelle le public qui nous fait réfléchir sur notre responsabilité vis-à-vis de notre environnement et notre monde global.

Quels sont les prix prévus cette année ?

Nous allons décerner six ou sept prix. Il s’agit du Grand prix Seydou Kéïta d’un montant est de 3000 euros, offert par le ministère de la Culture. Il y a également le prix de l’Union Européenne décerné au meilleur reportage pour un photographe originaire d’un pays d’Afrique. Il est également doté d’un montant de 3000 euros. S’y ajoute le prix offert par l’OIF doté d’un montant de 1 500 euros. Il sera décerné au meilleur photographe francophone. Le prix Casa Africa distingue une photographe résidant en Afrique. Il est doté de la publication d’une monographie, édition d’une collection spécialisée, exposition monographique à Las Palmas. A savoir une femme photographe qui vit sur le continent. Il ya aussi le prix de la Fondation Blachère décerné au meilleur vidéaste. Ensuite, il y a le prix du jury qui est offert par l’Institut français à un jeune photographe. Ce sont des prix destinés à promouvoir un
certain nombre de photographes.


Quand les prix seront-ils décernés ?

Le Jury a été mis en place depuis hier. Ses membres ont commencé à travailler et les résultats seront annoncés aujourd’hui.

Interview réalisée par Alou Badra Haïdara

Photographie Samuel Sidibé ©Harandane Dicko

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