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L’art et la culture dans les médias africains

Plaidoyer pour un meilleur traitement de l’information culturelle

Le traitement de l’information culturelle dans les médias africains a fait l’objet d’une conférence. Si cette information n’est pas marginalisée au sein des choix de diffusion, elle est tout simplement zappée dans certains organes de presse, constatent certains des conférenciers.

M Guillaume Pierre, le Directeur de la zone Afrique de Canal France International (Cfi) professe qu’il est « difficile de parler des arts et de la culture à travers le prisme des médias, puisque c’est un domaine très lié à l’intellect, aux sentiments, émotions, et sensations intérieurs ». Et de rajouter « à mon avis ce n’est pas le cas pour les domaines de l’économie, des sciences, de l’agriculture, et de la politique où ces variations internes ne sont pas très effectives ».

Présidée par le Ministre malien de la Communication, M Sidiki Konaté, cette rencontre a aussi été une tribune ouverte aux suggestions et critiques. M Konaté convoque ses expériences pour situer le problème au niveau « du désir de se former et de se spécialiser ». Il constate que « tout journaliste professionnel, bien que formé à la bonne école, n’est pas forcément attiré par la lecture d’un livre de cinq cent pages, un film, ou une pièce de théâtre afin de partager ses émotions avec son public. Il lui faut une passion et des connaissances du domaine culturel ».
M Konaté plaide pour des « actions de mutualisation et de partenariat entre les professionnels de l’information et les professionnels des arts et de la culture ».

À cette proposition du ministre, qui fut Directeur général de la Radio et Télévision malienne, le journaliste Youssouf Doumbia du quotidien malien « l’Essor », renseignera que des initiatives « qui marchent un peu » ont été menées dans le sens du renforcement des capacités par le réseau des journalistes culturels africains, dont lui même est membre.

« Volonté et frustration »
Toutefois, le journaliste partage l’avis du photographe sénégalais Omar Victor Diop qui pense qu’il faudra que les artistes utilisent le raccourci des médias sociaux pour diffuser et partager le résultat de leurs travaux vers le grand public.

À la suite d’une projection de films documentaires réalisés sous formes de portraits d’artistes présents à cette Biennale, M Freddy Denaës, producteur associé à CFI, observe que « les journalistes doivent se spécialiser pour mieux transmettre leurs informations, mais il faudrait auparavant que l’on travaille sérieusement sur une certaine éducation du public à travers des politiques de programmation et de production médiatiques qui vont dans le sens d’une appropriation de cette créativité par les publics africains eux même ».

Le photographe congolais Kiripi Katembo clame que dans son pays il est difficile de collaborer avec les médias puisque « les journalistes me demandent toujours de débourser une somme d’argent pour le transport, si vous ne le faites pas ils ne seront jamais à vos manifestations… C’est comme un commerce, ou un achat, alors que nous avons des messages éducatifs à livrer ».

Le photographe Omar Victor Diop, conclut, que cette situation peut se résumer en deux mots que sont « volonté et frustration ».
Face à la volonté du journaliste qui veut faire des reportages sur les arts, et celle de l’artiste qui produit des œuvres, il y’a la frustration liée au manque de considération relatif à ces deux efforts combinés. « Ce qui est frustrant pour toutes les deux parties engagées dans ce travail » rajoute t-il.
Le photographe sénégalais témoigne : « il m’est arrivé d’appeler un reporter, un premier jour, le suivant, et l’après, avant qu’il ne me confie tout frustré que, faute d’espace, son article n’a pu être diffusé à cause d’une certaine autre actualité dominante ».

À la suite de cette table ronde, une autre portant sur le thème du « Métiers des arts en Afrique » sera introduite par des conférenciers dont le Pr Yacouba Konaté, critique d’art ivoirien, et la congolaise Koyo Kouoh, galeriste et directrice du centre d’art nommé « Raw materials », ouvert à Dakar.

Aliou NDIAYE

Photographie ©Harandane Dicko

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