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Portrait - Hichem Driss

Hichem Driss ou la passion de la photo

Derrière son air intello et angélique, il cache une force de caractère. Enfant, Idriss Driss savait déjà ce qu’il voulait faire : la photo. Pour autant, son idylle avec cet art est née d’un fait anodin. Alors qu’il a 12 ans, le jeune Hichem reçoit un appareil photo polaroid, comme cadeau d’un oncle, qui rentre des Etats-Unis. « Et j’ai commencé à faire des photos de famille », se souvient-il, avec nostalgie. Quelques temps plus tard, le père d’Hichem lui offre un autre appareil photo, un Minolta 24/38. Le jeune garçon s’amuse encore à mitrailler ses proches à la maison. Puis, un matin, au début des années 90, alors que le Paris-Dakar traverse Tunis, Hichem Driss prend aussitôt son appareil et saisit dans le vif les images des motos et voitures. Fier des photos qu’il a prises, le jeune homme, qui vient de décrocher le bac, comprend que sa vie, c’est la photo. En feuilletant « Chasseurs d’images », un magazine photo français assez connu, Hichem choisit une école où il suivra une formation. « C’était juste pour dire que je suis diplômé », sourit-il. Avant d’enchaîner : « Pour moi, on ne devient pas photographe en passant par une école. La meilleure formation, c’est plus assister des photographes, faire des images ».

C’est pourquoi pendant sa formation, Hichem fait régulièrement des stages chez des photographes en Tunisie. « On faisait de la photo publicitaire, des travaux de commande. Pour moi c’était la meilleure école que l’école ».
En 1995, après sa formation, il regagne Tunis. Là, Hichem Driss travaille comme photographe indépendant. Il fait des photos pour des agences de pub. Il transforme d’abord sa chambre à coucher, dans la maison familiale, en studio, où il reçoit ses clients. Ensuite, il crée le Studio Barguellil, toujours dans la capitale tunisienne où il réalise des travaux de commande essentiellement des portraits, des photos pour affiches publicitaires…Bref, des travaux qui ne titillent pas sa créativité. « Quand on est créatif, on le reste. Mais, des fois, c’est frustrant. On peut donner un plus pour améliorer la création, mais on nous demande de ne pas le faire », avoue t-il. Qu’importe, il lui arrive quelquefois de faire parler librement son génie. Comme pour « Le Grand Parcours », le travail qu’il présente cette année à la 9ème biennale africaine de la photographie de Bamako. C’est l’histoire d’une route le GP1 qui traverse le littoral de Tunis à la frontière libyenne et doit être remplacée par une autoroute répondant aux normes modernes. « C’est un sujet qu’on ne peut jamais arrêter », estime Hichem Driss. « Je l’ai choisi parce qu’il répond au sujet de cette biennale, je voudrais aussi mettre en évidence le fait que des gens ont perdu leur boulot parce qu’on a décidé de faire une autoroute ». Hichem Driss raconte, à travers ses photos, les vies et les rêves qu’emporte ce projet.

Quant à savoir s’il fait un choix entre le documentaire ou le reportage, Hichem Driss refuse subtilement de revendiquer un style. « Je défends une polyvalence », répond t-il. Pour lui, un appareil photo, c’est comme un stylo, « on écrit avec ». « Après, on peut être poète, journaliste, écrivain en fonction de l’envie et des sujets. C’est en fonction de la sensibilité du jour que je m’adapte et je fais des choses », explique le photographe.
Pour sûr, Hichem Driss, qui fourmille d’idées, a encore de belles choses à écrire avec son appareil photo. Son plus fidèle compagnon dans la vie…

Yacouba Sangaré

Photographie ©Harandane Dicko

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